
Qu’est-ce-que la remédiation cognitive ?
- La remédiation cognitive fait partie des thérapies non médicamenteuses, comme la guidance parentale ou la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui sont fréquemment proposées aux patients.
- La remédiation cognitive est un entraînement cognitif se basant sur des techniques d’apprentissage pour aider l’enfant à mieux comprendre et gérer la façon dont il pense, apprend, se concentre et résout des problèmes. Ces capacités, appelées processus cognitifs, sont essentielles pour accomplir des tâches quotidiennes et sont regroupées sous le terme de fonctions exécutives.
- Les fonctions exécutives permettent à une personne de planifier, de prendre des décisions, de gérer des tâches, de contrôler ses impulsions et de s’adapter à des situations nouvelles. Elles incluent des capacités comme la mémoire de travail (la capacité à garder et manipuler des informations à court terme), la flexibilité cognitive (la capacité à s’adapter à des changements et à passer d’une tâche à une autre), et l’inhibition (la capacité à contrôler ses impulsions et à filtrer les distractions). Chez les enfants atteints de TDAH, ces fonctions sont souvent affectées, ce qui peut entraîner des difficultés dans la vie quotidienne, à l’école ou à la maison.
- Dans le TDAH, l’objectif de la remédiation cognitive est d’améliorer les ressources cognitives de l’enfant et par conséquent son autonomie au quotidien (à l’école et à la maison en particulier).
Identifier les difficultés et la motivation de l’enfant avant une remédiation cognitive
Avant d’effectuer une remédiation cognitive, il faudra déterminer :
- L’intensité et la diversité des difficultés cognitives de l’enfant à l’aide d’un bilan neuropsychologique
- L’intensité et la diversité du retentissement du trouble attentionnel avec/sans hyperactivité pour l’enfant
- La motivation et la disponibilité de l’enfant et des parents pour la remédiation cognitive
- Les ressources matérielles familiales : réseau à proximité et coût de la prise en charge.
La remédiation cognitive individuelle avec un thérapeute
Contrairement aux suivis psychologiques “classiques”, la remédiation a un nombre de séances défini au préalable, en général entre 10 et 15 séances.
Les séances sont organisées autour de plusieurs phases :
- Étape 1. Communiquer, de manière simple aux parents et à l’enfant, les difficultés cognitives en lien avec le TDAH relevées lors du bilan neuropsychologique, ainsi que leurs conséquences.
- Étape 2. Sélectionner 1 ou 2 compétences à travailler en fonction du profil neuropsychologique et clinique de l’enfant, en tenant compte des besoins identifiés au quotidien avec la famille ou l’école. Par exemple : mieux gérer l’impulsivité, devenir plus flexible dans ses pensées, mieux se concentrer, être moins facilement distrait, ou encore mieux s’organiser.
- Étape 3. Choisir des exercices structurés axés sur l’amélioration de 1 ou 2 compétences cognitives.
- Étape 4. Encourager la mise en pratique des apprentissages à travers des exercices plus proches de la réalité, plus longs, plus scolaires, ou liés à des tâches du quotidien.
- Étape 5. A la fin de l’entraînement, des séances de rappel, plus espacées, pourront être conseillées.
Tout au long de l’accompagnement, il est essentiel d’expliquer à l’enfant les compétences qui sont travaillées et de partager cette information avec les parents. Ensuite, il est important d’encourager les parents à poursuivre ces exercices à la maison, en ajustant progressivement le niveau de difficulté.
Dans l’accompagnement individuel de la remédiation cognitive, il est crucial d’évaluer régulièrement les progrès de l’enfant, en identifiant ce qui reste difficile et ce qui s’améliore. Cela permet de valoriser l’enfant et ses parents et de consolider les progrès. Pour les compétences qui n’évoluent pas assez, de nouvelles stratégies de remédiation peuvent être mises en place.
Forces et limites de la remédiation cognitive individuelle :
- Peu d’études démontrent clairement l’efficacité de la remédiation cognitive pour le TDAH chez l’enfant.
- L’absence de consensus scientifique entraîne une grande diversité des pratiques selon les thérapeutes. Il est donc important de bien définir avec le professionnel les objectifs et les résultats attendus.
- Cependant, cette méthode a l’avantage de pouvoir être personnalisée en fonction des besoins spécifiques de l’enfant. De plus, le travail en relation duelle avec le thérapeute peut renforcer la motivation de l’enfant.
La remédiation cognitive en groupe : le programme PIFAM
- Les programmes de remédiation en groupe prennent la forme de jeux pour aider à surmonter les difficultés liées au TDAH. Ils s’appuient sur une approche coopérative et dynamique entre les enfants, utilisant l’énergie du groupe pour encourager l’apprentissage et le développement de compétences.
- En France, le programme PIFAM est le seul connu et pratiqué pour les enfants malgré l’absence d’études ayant montré l’efficacité de la remédiation cognitive en groupe dans le TDAH chez l’enfant.
- Le programme PIFAM – programme d’intervention sur les fonctions attentionnelles et métacognitives – est un programme développé par la neuropsychologue canadienne Francine Lussier, appliqué en France depuis plusieurs années. Il est constitué de 12 ateliers de 90 minutes chacun à mener 1 fois par semaine pour un groupe de 4 à 6 enfants âgés de 10 à 14 ans. Le groupe est mené par deux intervenants (neuropsychologue, psychomotricien ou orthophoniste).
- Le programme PIFAM offre un cadre bienveillant et structuré, favorisant le développement de stratégies comportementales et cognitives pour les enfants atteints de TDAH. Les séances, pré-établies, visent à stimuler les fonctions exécutives, notamment l’attention, ainsi que la motivation et les compétences psychosociales, telles que l’empathie, la confiance en soi, la prise de décision et la gestion des émotions.
Forces et limites de la remédiation cognitive en groupe :
- Concernant PIFAM, il n’existe pas de preuves scientifiques de l’efficacité de ce type de remédiation cognitive dans le TDAH.
- Comme il n’y a pas de consensus scientifique, les pratiques varient beaucoup. Il est donc important de bien définir avec les thérapeutes les objectifs et les résultats attendus.
- Cependant, les approches en groupe aident à travailler la dynamique sociale, souvent touchée chez les enfants avec un TDAH (mauvaise image de soi, conflits avec les autres). Elles proposent des exercices qui ressemblent davantage à des situations réelles et permettent de donner des retours utiles dans un cadre plus concret.
La remédiation cognitive individuelle assistée par ordinateur
- Les programmes de remédiation cognitive par ordinateur pour le TDAH sont de plus en plus répandus. Ces outils ciblent les difficultés liées à l’attention et aux fonctions exécutives, telles que la planification, la mémoire de travail, l’inhibition et l’impulsivité. Cependant, tous ne sont pas disponibles en version française.
- À ce jour, la remédiation cognitive assistée par ordinateur est la méthode ayant montré le plus d’efficacité avec un niveau de preuves scientifiques suffisant. Plusieurs méta-analyses (résumés de résultats de plusieurs études) confirment son impact positif sur de nombreuses fonctions cognitives, notamment la mémoire de travail. Cependant, les effets sur la réduction des symptômes du TDAH et l’amélioration de la vie quotidienne de l’enfant restent modestes.
Forces et limites de la remédiation cognitive assistée par ordinateur :
- Les programmes sur ordinateur présentent l’avantage de créer un environnement ludique avec des systèmes de récompense pour stimuler la motivation. Ils sont également conçus pour s’adapter au niveau cognitif de l’enfant, ce qui permet de personnaliser les tâches.
- Cependant , le niveau de preuve scientifique reste relativement modeste.
- La plupart des logiciels sont en anglais ce qui limite leur usage en France.
- Par ailleurs, ils sont relativement coûteux et non remboursés par la sécurité sociale ou les mutuelles.