
Les fonctions exécutives sont essentielles pour que votre enfant puisse se concentrer, s’organiser, gérer ses émotions et s’adapter aux imprévus. Chez certains enfants, notamment ceux avec un TDAH, elles sont plus fragiles, ce qui peut compliquer les apprentissages et le quotidien.
Cette fiche propose des stratégies concrètes et des activités adaptées pour aider votre enfant à renforcer ces compétences et à mieux gérer les défis du quotidien.
Quelles sont les fonctions exécutives et comment les stimuler ?
Chaque jour, nous utilisons des compétences cérébrales qui nous permettent de nous organiser, d’apprendre et de nous adapter. Ces fonctions exécutives comprennent :
- L’attention, qui permet de se concentrer sur une tâche et d’ignorer les distractions.
- La mémoire de travail, qui aide à retenir et utiliser des informations en temps réel.
- Le contrôle des impulsions, qui permet de gérer ses réactions et de différer une action.
- La planification et l’organisation, qui aident à structurer ses tâches et ses actions.
- La flexibilité cognitive, qui permet de changer de stratégie face à un problème ou un imprévu.
Les fonctions exécutives ne sont pas figées et peuvent être renforcées au quotidien. Voici des conseils généraux à appliquer :
Apprentissage et stimulation cognitive : L’apprentissage sollicite fortement les fonctions exécutives, ce qui explique pourquoi les enfants ayant un TDAH rencontrent parfois des difficultés à l’école. Encourager votre enfant à persévérer dans ses apprentissages, même en cas de difficulté, est essentiel pour développer ses compétences sur le long terme.
Pratique d’une activité physique : L’activité physique joue un rôle clé dans le développement des fonctions exécutives. Elle améliore notamment la mémoire, la régulation des émotions et la gestion des impulsions. De nombreuses études montrent que la pratique régulière d’un sport permet de mieux contrôler l’impulsivité, de renforcer l’estime de soi et de diminuer le stress.
Apprentissage d’un instrument de musique : L’apprentissage d’un instrument stimule la concentration et la coordination, tout en renforçant les capacités exécutives comme l’attention et la mémoire de travail. Il est essentiel de conserver un aspect ludique dans cet apprentissage, bien que cela puisse parfois être difficile en raison des exigences musicales. Pour les enfants motivés, cela constitue un excellent outil de remédiation cognitive.
Sommeil et régulation des fonctions exécutives : Un sommeil de qualité est fondamental pour la mémoire, l’attention et la gestion des émotions. Les troubles du sommeil peuvent accentuer l’hyperactivité et l’impulsivité, rendant la journée plus difficile à gérer. Une bonne hygiène de sommeil, avec des horaires réguliers et une routine apaisante, permet d’améliorer ces fonctions.
Il est important de noter que les activités extra-scolaires, comme le sport et la musique, doivent être pratiquées de manière régulière sans devenir contraignantes, tout en restant ludiques. Il est préférable de choisir des activités pour lesquelles l’enfant montre le plus de motivation. |
Comment stimuler la mémoire de travail ?
La mémoire de travail permet de retenir et manipuler des informations temporairement, ce qui est essentiel pour des tâches comme écrire une phrase entendue, faire un calcul mental ou suivre plusieurs consignes successives.
1. Jouer pour entraîner la mémoire de travail
Les jeux sont un excellent moyen de renforcer la mémoire de travail, à condition qu’ils soient réguliers, plaisants et adaptés aux préférences de votre enfant. Il est préférable de choisir des jeux qui le motivent naturellement. Ces activités aident à solliciter l’attention, la concentration et la capacité à retenir des informations sur une courte durée.
Parmi les jeux particulièrement efficaces :
- Jeux de cartes : 7 familles, Memory.
- Jeux de société axés sur la mémoire : jeux basés sur les lumières ou les sons.
- Jeux d’association et de rapidité : Time’s Up.
- Autres jeux spécialisés : disponibles sur certains sites dédiés aux jeux éducatifs.
2. Développer la visualisation mentale
Pour aider votre enfant à mieux mémoriser les informations, encouragez-le à se créer des images mentales de ce qu’il doit retenir.
Quelques exercices concrets :
- Imaginer une tâche avant de l’effectuer : avant de ranger sa chambre, visualiser comment elle doit être organisée.
- Anticiper des actions du quotidien : imaginer la table mise avant de la préparer.
- Utiliser la lecture pour créer des images mentales : lorsqu’il lit une histoire, l’encourager à se représenter la scène dans sa tête.
3. Activer plusieurs sens pour mieux apprendre
Certains enfants mémorisent mieux lorsqu’ils activent plusieurs sens à la fois. Il est donc intéressant de varier les approches en fonction de ce qui leur convient le mieux.
- Lire ou répéter à voix haute : utile pour ceux qui mémorisent mieux par l’audition.
- Bouger en apprenant : pour les enfants qui ont besoin de mouvement (marcher, déambuler, manipuler un objet).
- Dessiner ou schématiser : permet de structurer l’information visuellement.
Il est important de laisser l’enfant explorer différentes méthodes et de l’accompagner dans la découverte de ce qui lui convient le mieux.
Comment stimuler l’attention ?
L’attention joue un rôle clé dans les apprentissages et se manifeste sous différentes formes. L’attention soutenue permet de se concentrer sur une tâche pendant une période prolongée, tandis que l’attention sélective aide à filtrer les informations importantes. Quant à l’attention partagée, elle permet de gérer plusieurs activités en même temps.
Pour renforcer ces capacités, il est essentiel de proposer des activités adaptées, sans pression et de manière régulière.
1. Jouer pour entraîner l’attention
Certains jeux sont particulièrement efficaces pour stimuler l’attention de votre enfant. Par exemple, le coloriage et les mandalas l’aident à développer son attention soutenue en maintenant sa concentration sur une tâche précise. Les jeux des différences, « Où est Charlie ? » ou encore le loto sonore sollicitent davantage l’attention sélective en incitant l’enfant à repérer les éléments pertinents dans un environnement chargé.
2. Lire et écouter des histoires
La lecture est aussi un excellent moyen de renforcer l’attention. Lire régulièrement des livres avec votre enfant lui apprend à structurer sa concentration tout en développant son imagination. L’écoute d’histoires, que ce soit par le biais du conte du soir ou d’un livre audio, est une autre façon de l’exercer à suivre un fil narratif tout en améliorant sa compréhension et sa gestion des distractions.
Comment stimuler les capacités de planification de la tâche
Apprendre à organiser ses tâches et à hiérarchiser ses priorités permet à votre enfant de gagner en autonomie. Ces compétences peuvent être travaillées naturellement à travers des activités du quotidien.
1. Dans la vie quotidienne
Pour mieux organiser ses tâches, il peut être utile de les découper en plusieurs étapes. Par exemple, pour ranger sa chambre, votre enfant peut commencer par faire son lit, puis ranger ses jouets, ses vêtements et remettre les meubles en place. Lui laisser choisir l’ordre des tâches peut aussi être un bon moyen de le motiver.
L’utilisation de supports visuels est particulièrement efficace pour structurer son organisation. Un planning illustré, une liste de tâches ou des pictogrammes peuvent être adaptés selon son âge et son niveau de compréhension.
Pour l’aider à hiérarchiser ses tâches, un code couleur peut être mis en place :
🔴 Urgent
🟠 À faire mais non urgent
🟢 Peut être différé
Une fois une tâche terminée, la cocher ou l’effacer permet de visualiser les progrès réalisés et d’encourager l’enfant à poursuivre ses efforts.
2. Pour les devoirs
Planifier les devoirs est essentiel pour aider votre enfant à mieux s’organiser et gérer son temps. Une liste de tâches à cocher au fur et à mesure, ainsi qu’un emploi du temps visuel, lui permettent de mieux structurer ses séances de travail.
Chez les enfants avec un TDAH, la perception du temps peut être altérée. Pour l’aider à mieux se repérer, vous pouvez :
- Utiliser un minuteur visuel qui permet de voir le temps qui passe.
- L’habituer à lire l’heure sur une horloge ou une montre.
- Découper les devoirs en séquences plus courtes, avec des pauses minutées pour éviter la fatigue et maintenir son attention.
3. Jouer pour améliorer la planification
Parmi eux, on retrouve les puzzles, les jeux de labyrinthe, le Mikado ou encore d’autres jeux spécifiques que vous pouvez retrouver sur ces sites :
– 10 jeux pour entraîner la planification
– Planification et anticipation
Comment mieux gérer l’impulsivité
Il existe plusieurs méthodes pour entraîner votre enfant à différer ses réactions et à mieux contrôler son impulsivité. Les compétences d’inhibition jouent un rôle clé dans la capacité à freiner des réponses automatiques et à prendre le temps de réfléchir avant d’agir.
Un entraînement régulier sur ces compétences peut favoriser une meilleure maîtrise de soi au quotidien. Cela peut passer par des jeux, comme Jacques a dit, des exercices de respiration ou encore des activités qui demandent à attendre avant d’agir.
1. Dans la vie quotidienne
Apprendre à attendre son tour pour parler ou pour une activité est une étape essentielle du développement de votre enfant. Pour l’aider, vous pouvez utiliser des signes, des codes verbaux ou gestuels, ou même un objet concret, comme un bâton de parole, pour symboliser le moment où il peut s’exprimer.
Il est aussi efficace de rendre ces attentes plus précises et motivantes, en les associant à un objectif clair :
* « Tu finis tes devoirs, et après tu pourras jouer. »
* « Ton frère finit de parler, puis ce sera ton tour de raconter ton histoire. »
Cela aide votre enfant à mieux comprendre la nécessité d’attendre, tout en rendant ce principe plus prévisible et motivant.
2. Par le biais de programmes d’entraînement parental
Certains programmes sont spécifiquement conçus pour aider à développer ces compétences d’inhibition. Vous pouvez, par exemple, vous référer aux séances Barkley, qui reposent sur des stratégies éprouvées pour accompagner votre enfant dans la gestion de son impulsivité.
3. Jouer pour renforcer l’inhibition
Le jeu est un excellent moyen de travailler cette compétence de manière ludique et engageante. En plus des classiques Jacques a dit et Un, deux, trois, soleil, d’autres jeux peuvent être très efficaces :
- Stop’n Go
- Ni oui ni non
- Mikado
- Puissance 4
Ces jeux demandent à votre enfant d’attendre son tour, de contrôler ses gestes et de réfléchir avant d’agir, tout en restant motivants et agréables à pratiquer régulièrement.
Comment stimuler la flexibilité cognitive
Aider votre enfant à être plus flexible dans sa façon de penser et d’agir, c’est l’encourager à s’adapter aux changements, à ajuster ses stratégies et à mieux gérer les imprévus.
La flexibilité cognitive lui permet de passer d’une tâche à une autre, de modifier son approche face à une difficulté et de trouver de nouvelles solutions lorsque son premier plan ne fonctionne pas.
Pour renforcer cette capacité, vous pouvez intégrer des activités du quotidien, comme :
- Changer les règles d’un jeu en cours de partie pour l’habituer à s’adapter.
- Proposer des alternatives lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu (« On devait aller au parc, mais il pleut. Que pourrait-on faire à la place ? »)
- Encourager des façons différentes de résoudre un problème, en demandant : « Comment pourrais-tu faire autrement ? ».
Plus il s’exercera à ces ajustements, plus il développera sa capacité à rebondir face aux imprévus.
1. Dans la vie quotidienne
Pour aider votre enfant à développer sa flexibilité cognitive, encouragez-le à adopter différentes façons d’aborder une activité. Par exemple, vous pouvez changer de trajet pour aller à l’école de temps en temps, en prenant un chemin différent de celui habituel. Cela l’aidera à s’habituer aux changements imprévus et à être plus ouvert aux nouvelles situations, tout en restant dans un contexte rassurant.
2. Pour les devoirs
Lorsqu’il fait ses devoirs, encouragez-le à explorer plusieurs approches pour résoudre un problème. Par exemple, en mathématiques, proposez-lui d’essayer différentes méthodes de calcul (dessin, calcul mental, utilisation de matériel) pour obtenir la même solution. Pour un texte, il peut d’abord lire les questions puis le texte, et tenter l’inverse une autre fois. Varier ces stratégies lui permettra de s’adapter à différentes consignes et situations.
3. Penser à jouer
Certains jeux sont particulièrement adaptés pour travailler la flexibilité cognitive, comme les jeux de stratégie où il doit s’adapter à de nouvelles règles ou modifier sa stratégie en fonction de ses adversaires, comme les échecs ou le Monopoly. Les jeux de rôle, où il doit incarner différents personnages avec des points de vue variés, ou encore les jeux de société qui demandent de changer de stratégie au cours de la partie (comme Uno ou Dobble), sont également efficaces. Les puzzles évolutifs et les jeux où les règles changent régulièrement renforcent aussi cette compétence.